S’aimer pour reprendre vie.

Je suis née le 22 juillet 1985 à Reims,

Second enfant de la famille de parents divorcés.

Ma mère a ensuite refait sa vie alors que j’étais âgée de 2 ans et demi. Mon père en a fait de même. Je n’ai ni le souvenir ni le sentiment d’en avoir souffert.

J’ai cependant la certitude que l’arrivée de mon beau-père dans ma vie a très certainement contribué à mon équilibre.

Petite fille, je n’ai aucun souvenir d’avoir été malheureuse et encore moins d’avoir manqué de quoi que ce soit. J’étais heureuse, jusqu’à mes 7 ans.

Nous avons déménagé trop de fois, j’ai dû sans cesse me refaire des amis et malheureusement ça n’a pas été une tâche facile…

Âgée de 12 ans nous nous étions enfin posé dans une maison, mais je n’étais l’amie que de peu d’enfants. « La nouvelle » que l’on m’appeler même à l’âge de 16 ans et en étant pourtant, toujours dans le même village…

Des enfants étaient privés de jouer avec moi, parce que mes parents n’étaient pas toujours appréciés, alors je jouais le plus souvent dans ma chambre, seule. Le premier amour heureusement, à cette même période était apparu, et sans lui, sans sa famille, j’aurai très certainement mis fin à ce sentiment de solitude.

 Je ne me sentais ni heureuse à la maison, ni à l’école. Un sentiment de désarroi tellement énorme et pourtant, personne ne le remarqué.

Je grandissais, j’apprenais à me personnaliser comme tout adolescent, mais ce n’était pas du goût de ma mère qui voulait me garder petite, naïve et rien que pour elle.

moi

J’ai souffert de ses regards jaloux, de son incompréhension à mon égard, de la distance et du sentiment de rejet. Bien sûr, jamais, se comportement n’était visible aux yeux des autres, de la famille et des amis…

Combien de matins dans le bus et combien d’années mes larmes ont coulés. Cette souffrance en silence, l’impuissance et cette solitude si énormes et pesante m’empoisonné la vie.

Je me souviens du bus que je prenais quotidiennement pour aller à l’école. J’ai pendant des années revues ces moments dans mes rêves qui se sont transformés en cauchemars. Je me voyais sortir du bus et ne plus parvenir à avancer, j’étais seule et épuiser…

A 17 ans, plus de premier amour, plus de confiance en moi et parce que pendant 4 années, je n’étais pas ou plus la petite fille, elle me le faisait encore plus payer… jamais physiquement, rarement une baffe, pas de violence physique, juste verbale, suffisante pour détruire.

Mal dans ma peau, je ne savais pas quoi faire de ma vie. Quel avenir ? Autant de questions sans réponses, j’avais l’impression d’avancer dans le vide.

Je décide de m’engager à l’armée de terre. Mais pourquoi aussi loin ?

Juste l’envie de m’éloigner, partir, respirer et peut-être apprendre un peu mieux la vie. Apprendre à me connaitre, apprendre à être heureuse pour de vraie. Fuir la méchanceté des autres, fuir l’école et tous ses occupants qui m’ont tant de fois fait de mal.

moi

Mais en attendant d’y aller, je rentre à l’usine, je travaille aussitôt mes 18 ans validés. Et là, je rencontre enfin l’amour, le vrai, l’intense, le sincère, le respectueux, le plus important…

Mon séjour à l’armée de terre, son image de soutiens d’équipe et de respect se ternit, je m’effondre, je déprime, je la quitte sans me retourner.

Je sais qu’une personne m’attend, sincèrement, et prêt à m’aimer vraiment.

Je vis des années de bonheurs, de liberté, de sensation agréable, la vie.

Un bébé qui arrive, le bonheur finalement encore plus intense que l’amour que l’on ressent pour un homme, c’est étrange, mais tellement logique.

Quelques longs mois d’attente, de douleurs… une personne pour me soutenir, l’homme qui me donne cette créature fantastique qui pousse en moi.

moi

Puis, née le fruit de notre amour et grandi vite, très vite, trop vite peut être…

nous 2

Je perds confiance en moi, en mon corps, le ventre rond, si rond d’ailleurs lors de cette grossesse,

Il tombe… tout était là, dans ce ventre et pas ailleurs, tellement de dégoût… mais, quelques rencontres et moments passés avec mon amie m’ont fait sentir femme pour la première fois, à 25 ans.

moi

 Pas assez de temps pour vivre heureuse. S’il vous plait, juste encore un peu…

Mon homme s’en va pour ne plus jamais revenir. Il est un ange maintenant.

La maladie prend le dessus, je m’effondre, encore…

Je perds pied, je maigris, je souffre, mon corps souffre de toutes ses cicatrices, le cœur à mal et le corps aussi, tellement de choses à la fois, trop de douleurs…

J’étais seule, très seule.

N’avoir envie de rien, plus de maquillage, plus de jolie coiffure, plus de beaux habits, juste une envie encore bien présente, l’envie de vivre pour elle.

Avec le temps, j’apprends à retrouver le sourire, j’ouvre les yeux, les oreilles, je découvre différemment les personnes qui m’ont depuis toujours entourée et ceux que j’ai appris à aimer avec le temps.

Je prends enfin ma vie en main, ma fille est là, bien là, et elle ne doit pas subir ce que j’ai vécu.

 Alors, adieu maman, adieu papa, adieu vous tous qui m’avez blessé, adieu à vous qui n’avez pas su prendre soin de moi comme j’ai pu le faire avec vous.

À l’âge de 30 ans, c’est décidé, je veux être heureuse. Je veux être une mère, une femme.

Je veux assumer et réaliser mes rêves, mes projets. Je veux que mes fantasmes deviennent réalité, je veux être enfin moi comme lui, mon ange, le voulait pour moi.

Un jour, un déclic

Le salon Christmas rétro vintage vient au capitole de Châlons-en-Champagne, des souvenirs me reviennent…

Je me souviens du temps où je feuilleté le catalogue de la redoute ou toi, maman, tu me disais que les jupes hautes à taille longue n’étaient pas jolies, que les culottes hautes étaient faites pour les veilles. Que mes goûts faisaient penser à ceux de ta mère que tu haïssais tant. Je me souviens des critiques durant mon adolescence sur ma vision de la vie, mes idées de look, mes goûts qui n’étaient pas les tiens. Je me souviens que je n’étais pas ta fierté tant que je ne disais pas les choses comme toi. Pas tant que je ressemblais à ta mère.

Alors, je vis une longue période de silence, pour prendre le temps de comprendre, comment un adulte voit la vie, mais je ne comprends pas, parce que je suis une adolescente.

Je me souviens d’avoir piqué tes chaussures mamie, tes rouges à lèvres rouges, tes foulards, tes vernis à ongles rouges pour faire comme toi.

Je me souviens de ce décalage, cette façon de vivre qui n’était pas la même chez maman. Je faisais mes besoins dans un pot de chambre la nuit ou dehors, les toilettes attendaient non loin des cages à lapin dans cette petite cabane dehors, ce long parcours qui, lorsqu’il faisait froid, ne donner pas envie de sortir les fesses à l’air… Je me souviens que je me nettoyer à la bassine comme autrefois et que notre piscine ne ressemblait pas à celle que les gens ont dans leur jardin aujourd’hui, cette bassine (piscine) en zinc si petite…

1-bassine-en-zinc

Je me souviens de la cuisine, des bons repas que tu préparais, de cette initiation aux tomates de ton jardin, il n’en existe plus d’aussi délicieuse.

Je me souviens de ton caractère, mais aussi de la femme si débrouillarde, si courageuse, si forte, une femme libre.

Je me souviens de toi papi de ta coupe à la Elvis, toujours parfaite, tu sentais toujours bon, toujours bien habillé, fort, musclé, courageux, bosseur, poli, le gentleman, l’homme idéal.

Je me souviens de ton pâté que tu trempé dans ton café, du poste de radio ou le temps s’arrêtait et/ou curieusement les chansons m’apaisaient. Les moments où tu me faisais choisir tes numéros du tiercé.

Merci, mamie, de m’avoir laissé porter ta robe de communion, j’étais déjà à cette époque, habillé avec du style, une princesse d’antan…

moi et mes grands parents

Vous avez éveillé mon goût pour les années où la liberté commençait, et/ou la femme devenait si précieuse, naturelle, belle et glamour. Cette image que j’ai toujours souhaité représenter.

Merci à toi, mon homme, qui connaissais cette passion, qui la supporté gentiment…

Et pourtant tu me disais souvent, voire tous les jours, que je ne me faisais pas assez plaisir… De temps en temps, j’achetais des accessoires de cheveux très rétro, je me maquillais, j’ai d’ailleurs appris à me maquiller grâce à internet.

Tu aimais mon style et tu me poussais à être moi, tu m’aimais tel que j’étais et je t’avais fait craquer pour ça. Mais je craignais le regard extérieur, celui de celle qui observait de loin ma façon d’être. Mais aussi avec les souvenirs, de ces baffes gratuites reçues à la récré, parce que ma différence ne passait pas.

Maintenant et après avoir passé des heures à retomber sur des souvenirs et des photos, je réalise qu’au fond, tout était déjà là pour me montrer que depuis toujours, mon style, ma personnalité sont affirmés.

 Je retombe sur une pochette de dessin, ou mon professeur de dessin Mr Joly il s’appelait. Et il était joli, impossible de manquer ses cours, il m’avait fait découvrir Miss Van, un personnage qui m’avait beaucoup plus par ses formes généreuses mises en avant, le style pulpeux qui se sent bien dans sa peau, dans son corps, d’ailleurs la preuve la voici tant je les apprécier, les dessins sont encore là…

J’aimais les cours pour cela, parce que je me sentais dans mon élément, on parla de féminité, acceptation de soi, glamour, beauté naturelle.

Tellement de signes déjà…

Et si cette photo était le début de ce que je suis vraiment !

moi

À l’âge de 9 ans, un monsieur nous arrête moi et ma maman dans les magasins et propose de me prendre en photo. Je pose et quelques années plus tard, ma mère me dira que ce monsieur l’avait contactée pour que je fasse du mannequinat…

moi

Je n’en ferai jamais, mais je sais déjà que j’aime faire des photos, j’adore poser.

Il y a quelques années, je découvre HAYLEN, cette chanteuse au look rétro, une révélation pour moi…

Je rachète à ce moment-là des accessoires, des robes, je me fais plaisir, je suis moi, mais chez moi le plus souvent en toute discrétion…

Mais ce jour où je me suis rendu sur le salon Christmas rétro vintage, j’avais proposé que l’on m’accompagne pour m’amuser, mais au fond de moi, je savais que c’était surtout la curiosité de voir si des femmes et des hommes ont cette même passion pour le rétro et le vintage. Je découvre que j’ai des amies qui sont comme moi, des années sans le savoir.

Tellement d’années à souffrir du regard des gens, de mon style et je réalise que je ne suis pas la seule dans cette situation, mais que d’autres ont réussi à faire abstraction à tous leurs détracteurs.

Quelle force !

Ont – ils cette même vision que moi pour de vrai ou est-ce du cinéma ? Je découvre que les vrais passionnés sont là, je reste plus de 3 h… je me sens enfin à ma place.

J’ai enfin compris ce que je suis au fond de moi, une femme qui assume sa féminité, ses formes, sa personnalité, son image. J’aime la vie, je me révèle à vous aujourd’hui en tant que Sophie heureuse d’être une femme qui sait ce qu’elle veut et prête à réaliser ses rêves.

Et parce qu’être une pin-up n’est pas qu’une histoire de siècle ou d’année, l’importance c’est d’y avoir trouvé son chemin et son propre style.

Je suis libre, je suis moi.

Vive les pin-up, vive les femmes !

 

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